05 septembre 2008

Tutti-frutti 05-09-08

Des petites nouvelles ou quelques faits et états d'âme...

  • Un ajustement année courante sur un talon de paie, saviez-vous que, même si ça adonnait que ça avait l'air de ça, ce n'est pas logiquement les 10 jours de paie qui manquait dans le montant que la CS nous retient puis nous regarroche joyeusement en juin pour avoir un été potable (payée 40 jours incluant la paye de juin alors qu'il y a 40 jours d'été plus la paie de juin justement!!!)? C'est plutôt l'ajustement du nombre de jours manquants à la période de paie entre son début et le moment où on commence à travailler pour "égaliser" mon salaire annuel de 200 jours. Je viens tout juste de l'apprendre, étant donné que je n'ai pas eu d'ajustement cette année, alors que j'attendais ce moment avec délectation. Ne l'ayant pas eu à cette paie (que je croyais ne pas avoir en plus), j'ai appelé au service des paies. J'ai appris que, puisqu'on a commencé à travailler au premier jour de la période de paie, je n'aurais pas de merveilleux petit montant si bien placé après un été de disette, montant que par pur hasard du calendrier j'obtenais à chaque année depuis minimum 4 ans, soit les années où je commençais avec un contrat. Au yâble le billet de NKOTB, et l'ordi attendra en octobre. Fait ch***. Bon d'accord, je paye mes factures quand même et je ne mange pas de "pouelle" non plus; c'est vrai et ma raison me dit que dans le fond c'est ça qui compte. Mais, fait ch*** mon émotif irrationnel bourré de joie et d'attente.


  • Pas eu de nouvelle de lui; pas de nouvelles provenant de lui en fait. Je l'ai rencontré au travail et j'ai eu de ses nouvelles, mais aucune initiative de téléphone de sa part comme prévu par sa personne. Bon, il a profité de ses vacances, mais... soupir... J'aurais aimé un tantinet d'intérêt, un téléphone juste pour dire qu'il n'avait pas oublié. Un petit quelque chose même amical. En tout cas. Il sait que l'offre à souper tient toujours. Je ne m'acharnerai pas. Ça craint comme disent les Français, et ça rentre (encore) dedans matante Dobby.


  • J'ai eu les nouvelles que j'attendais. Pas de deux jours. Pas de gâterie dans ma semaine. Pas avec mon équipe-école de "mon" école. Niet. Ça s'est encore passé ailleurs que ça aurait dû se passer. J'en ai braillé une "shot". Ça pince encore... je sais que c'est "comme" ça en enseignement, qu'on se fait barouetter d'une école à l'autre, d'un poste à l'autre. J'aurais juste mieux accepté le fait que c'était terminé "naturellement" par un vrai barouettage que par une décision unilatérale du genre qui vient me couper toute occasion de même terminer ça de la "bonne façon". L'administratif et les crocheries (pour ne pas dire crosseries), j'en ai ma claque.


  • Je suis allée au bingo ce soir. Pas celui de ma tante Gertrude, celui des profs. Rien de bon, quelques postes réguliers menant à la permanence en préscolaire 4 ans à faire dans deux écoles (avec trajet entre les deux impossible à faire en transport en commun) ou une tâche de 4 ans dans une seule école que je sais être dans un racoin de préfabriqué avec pas grand-chose comme matériel. Restait un truc tellement loin que je n'en parle même pas parce que pas voyageable en transport en commun. je suis partie finalement avant même que ça ne commence.


  • J'espère que ce sera ma dernière année sur ce projet. Je réalise que "matante" Dobby a fait le tour du jardin. Je sais de quoi je suis capable, je continue à "ramasser" les classes perdues et à combler les autres. Disons que cette année le choix a été plus économique, et avec tout le branle-bas d'émotions autant du côté personnel que professionnel, je me sens un peu démoralisée. J'aime encore enseigner, et c'est, je crois, ce qui me sauve. Malgré tout, je fais ce que j'aime, mais j'ai donc hâte de me retrouver dans mes pénates, surtout que je n'ai plus ces deux jours où je me sentais chez moi. J'aime et j'adore ma nouvelle équipe, ça aide aussi. Ce n'est pas pareil, mais c'est normal, je m'ennuie et je me sens déracinée présentement. Nono comme ça. Pourtant, j'ai déjà été barouettée, je devrais savoir. Mais non, puisque ça n'a pas été vécu sous les mêmes conditions...


  • Par contre, la journée que je fais sera très motivante vu que je la passerai presque toute à faire des arts plastiques, chose que l'enseignante ne fait que très rarement et qu'elle est bien contente de me voir prendre en charge. Et je vais en faire selon le "vrai modèle" de l'exercice de base et de l'exécution. J'ai déjà prévu plein d'activités, le matériel, les déroulements sont dans ma tête. Les enfants ont déjà bien apprécié mon activité de première rencontre: de la peinture tactile pour réaliser une oeuvre commune et passer par le fait même le miracle du mélange des couleurs. J'ai hâte d'expérimenter des journées "artistiques" régulièrement comme ça.


  • Des fois, j'ai honte de faire partie du projet. Pourquoi? Parce qu'admistrativement parlant, il est plus "rentable" de foutre le bordel dans une classe pour faire travailler 3-4 personnes du même projet qui sont inactives (on pourrait mettre la même quitte à la remplacer lors de sa journée fixe, mais je suppose qu'on en veut pas que ce soit toujours les mêmes qui paressent... soupir...), que de mettre un suppléant qui fera l'intermède entre le départ/absence d'un prof et l'arrivée du suppléant finalement trouvé pour faire le reste du temps. Il y a souvent même quelques tissus de mensonges pour expliquer qu'un suppléant libre ne vient pas; une chance que certains sont plus honnêtes, au moins ça rachète l'affaire un tantinet. Assez honteux pareil dans tous les cas. Cette fois-ci, une chance que quelqu'un a pris le poste au bingo de cette semaine. Je ne sais pas si la classe aurait résisté encore longtemps aux ballottages eux qui y ont déjà goûté l'an passé à de multiples reprises. Par chance aussi que dans les 6 jours de début d'année ils m'aient eu pour 3 jours: enfin de la stabilité pour eux!!!


  • Et moi aussi, j'ai été chanceuse. J'ai dû tenir cette classe serrée, leur rentrer dedans un peu, les mettre devant les conséquences de leurs choix. Pourtant, à la période libre aujourd'hui, les filles m'ont fait le plus beau des cadeaux: méga message sur le tableau blanc rempli de "#1" "Meilleure prof" "On t'aime Madame Dobby", de coeurs, de sourires et de couleurs. Ai-je besoin de dire que ça a franchement fait du bien à mon âme "un ptit peu beaucoup" poquée?

23 août 2008

Tutti-frutti 23-08-2008

Melletigne-potte, c'est un fait et autres expressions étant déjà utilisées, reste ça, tutti-frutti.

Donc voilà:

  • Reste deux dodos avant ma rentrée... j'ai hâte de reprendre le beat, de savoir où je m'en vais. Hâte de remettre les pieds dans une classe bon!


  • Toujours pas eu de nouvelles de ce qui m'inquiète...


  • J'attends toujours des nouvelles de lui... disons que le test "appelle-moi 101" est pas très concluant dans son cas.


  • J'ai de beaux souliers de marche/ course/ escaliers/ remplacement de gym/ surveillance/ confort/ sports/ jours où je file poche. Vous voyez? Non? Bah là, vous en avez pas vous des ronnigne choux?


  • Il y a de nouveaux billets de libérés semble-t-il pour le spectacle des NKOTB le 20 septembre.


  • L'ordinateur que je veux a un petit rabais pour la rentrée scolaire. Un gros dissse piasssses, mais vaut mieux l'avoir dans la mienne que dans la leur de poche!


  • Devinez qui ira s'acheter un billet de spectacle et un nouvel ordi quand elle recevra la paye qu'elle n'a pas eu en juin?!?!?


  • Devinez qui a hâte d'avoir de nouveau des payes normales pour économiser et aller se vautrer dans ses magasins de guenilles préférés que sont Wal-Marde et Pennington?


  • Une haltérophile aux Jeux Olympiques tellement en colère d'avoir manqué son coup et qui fait sa crise, les deux poings fermés et les yeux fermés bien durs, à la manière d'un enfant de 2 ans, c'est drôle. Mais quand de colère elle ne voit plus rien et se prend le mur du couloir d'accès au vestiaire en plein front, c'est encore plus drôle. Surtout quand la foule lâche un "HO!" et que l'athlète change son air bête pour un air de stupéfaction après avoir titubé sous l'impact. Scusez-la!


C'est tout!

18 août 2008

L'entrée progressive à la maternelle

Évangéline et moi avons fait nos études universitaires ensemble. Une fille géniale, drôle, pleine de vitalité, une personne ouverte avec qui j'ai jasé souvent dans un racoin de l'Après-Cour (quand je me suis déniaisée à y aller, évidemment, jus de fruit en mains) et en cours. Une prof qui a de l'allure aussi. C'est pourquoi, lorsque j'ai lu sa montée de lait sur l'entrée progressive à la maternelle et contre l'abrutisme "évident" dont fait preuve la liste de matériel à acheter à sa Citrouille, je n'ai pas hésité à monter aux barricades. On en a même rejasé sur MSN hier.

L'entrée progressive des élèves de maternelle est un de mes chevaux de bataille. Dans les équipes-école où j'atterris, on se bat encore pour en obtenir la moindre parcelle d'entrée progressive, autant au niveau local en la présentant au C.É. (où souvent on croit qu'on essaie de se passer quelques heures de congé supplémentaires) ou à la commission scolaire (où le bien-être des enfants passe après la rentabilité de la chose).

Je vais donc reprendre ici mon commentaire et, quelquefois, l'interrompre pour rajouter mes commentaires bloguesques. Avant, je vous invite à aller lire sa montée de lait, pour que vous puissiez comprendre ce à quoi je réagissais.

Irsssh...


Bon, ça c'est le cri primal de l'enseignante de maternelle en moi après lecture... continuons :)

Et nous qui nous battons chaque année pour avoir une vraie entrée progressive... Vu comme ça, nous avons effectivement l'air d'une vraie bande de paresseuses qui n'avons rien fait aux pédagos (qui sont, dans les 2-3 dernières années, de plus en plus envahies par les réunions de toutes sortes ou les formations que par du vrai travail de préparation de classe ou de replacement de notre matériel de classe...).


Aaaaaaaaaah... les fameuses pédagogiques... un autre débat plus tard ça!!!


C'est vrai que l'horaire de ton école a l'air bizarre, mais à ta place je me renseignerais... Tu sais, les entrées progressives comme ça doivent être approuvées par le C.É. qui généralement met plus de bâtons dans les roues qu'il n'améliore les choses. L'horaire qu'on propose subit souvent des changements bizarres, et les raisons peuvent être multiples: à cause de tel parent qui veut se faire accommoder "au nom des autres parents" ou par rapport au service de garde qui ne veut pas ajuster son horaire (peut pas l'ajuster? très rare à mon avis, même si ça arrive) ou à cause du service d'autobus.


C'est sûr qu'une entrée progressive demande des ajustements de tous ceux qui seront impliqués: parents et famille, service de garde, transport scolaire, enseignants, comité de la rentrée, etc. Dans le meilleur des mondes, tout le monde finit par s'entendre. Dans d'autres mondes, c'est à qui tirera la couverture de son bord ou à qui continuera de dire que l'entrée progressive n'est qu'un caprice. Il y a aussi les impondérables, comme dans le cas d'un transport scolaire qui a plusieurs écoles à desservir. Le manque de ressources financières a aussi un grand rôle à jouer; il arrive qu'un service de garde n'ait tout simplement pas les moyens d'assumer les heures de plus et qu'on doive réaménager l'horaire pour gratter les fonds de ses tiroirs. Dans ces conditions, les ententes obtenues sont parfois bizarres. Dans le cas d'Évangéline, après discussion, il se pourrait qu'il y ait un projet d'intégration spécifique à la commission scolaire de Citrouille. J'espère qu'elle pourra en savoir plus.

Et l'entrée progressive n'est pas là pour nous, les enseignantes de maternelle. Ah, c'est sûr qu'entre les deux périodes où nous recevons les enfants, idéalement en demi-groupes, nous courons comme des malades pour appeler les absents, pour préparer toutes les paperasses pas reçues d'avance dans les 3 pédagos précédentes, préparer le matériel de l'activité d'accueil qui suivra ou celles du lendemain, consoler un qui ne veut pas entrer au service de garde, parler avec les parents qui viennent chercher leurs enfants après la première demi-journée, construire les équipes de travail, vérifier si tout le salsifis de matériel est bien identifié comme demandé (parce que oui, quand 4 enfants perdent leur crayon rose, ce n'est magiquement jamais à personne, et après la 3e chicane de la journée du "c'est le mien" on adore qu'il y ait les noms dessus, on a d'autres chats à fouetter), évaluer les changements à faire ou les associations à éviter, etc. Mais ce n'est pas pour ça (parce que franchement, on est toutes capables de faire ça sur nos 40 minutes de décalage sur le primaire en TNP ou sur notre heure de dîner ou sur nos heures "supplémentaires" après l'école) qu'il y a l'entrée progressive.


On l'entend souvent sur le bord de la clôture cette argumentation. C'est pourquoi cette année dans ma classe nous avions fait, lors de la rencontre des futurs élèves, une rencontre avec animation pour expliquer le pourquoi du comment de l'entrée progressive, de sa nécessité. Oui, on travaille entre les accueils, mais ce n'est généralement pas du travail que nous pouvons faire d'avance ou du travail que nous n'avons pas pu faire d'avance (voir le futur débat sur les pédagos).

Non. C'est pour mieux se connaître, mieux s'apprivoiser, avoir le temps d'expliquer avec 8-10 paires d'yeux attentives et impressionnées au lieu de 18-20 totalement impressionnées nos attentes, notre personnalité. C'est pour que tout le monde puisse s'apprivoiser sans trop se faire bousculer par le nombre de personnes (le double de ce qu'il y a dans une garderie) ou par de nouveaux caractères problématiques (pas toujours géniaux on s'entend qu’un enfant plus problématique peut avoir 5 ans lui aussi) qui viennent saper toute l'attention à leur détriment. Eh oui, c'est plus facile à 8-10 qu'à 20 d'interrompre une activité pour faire une intervention. Les groupes A et B, ça ne doit pas être chaque maternelle, mais bien des demi-groupes A et B dans chacune des classes. Pratique ces demi-groupes aussi pour s'habituer à un nouvel environnement, une nouvelle routine, pleine de nouveautés: comment entrer en classe, quoi faire en entrant, comment placer ses choses, comment s'installer pour la collation, comment aller aux toilettes, comment s'installer pour le travail, quoi faire pour le rangement des jeux, comment se déplacer, apprendre les règles de vie, etc. Plus facile de le montrer à 8 à la fois qu'à 20, encore une fois. Ce ne sont pas des 6e années, il ne faut pas l'oublier. Ils ont 5 ans et sont mis devant plein de nouveautés et ils ont besoin d'être plus guidés que des grands de 11 ans.


Dans les 3 années où j'ai fait mon remplacement, nous n'avions que deux jours pour tout faire ça, et ça représente bien la moyenne de temps qu'on daigne accorder. Nous n'y sommes évidemment pas arrivées, et la majorité des routines ont été installées en grand groupe. Tout prend alors le triple du temps, nous courons d'un événement à l'autre pour corriger le tir. Ah, il est certain que ça fait partie du travail à faire, et c'est tout ce qu'il faut faire et que ça se fait. Il est "seulement" plus facile de prendre le temps d'expliquer à 8-10 alors qu'à 20 on a toujours l'impression de laisser l'enfant en plan, de le laisser avec sa peine si l'événement est venu le chercher (ils aiment bien faire les enfants, alors ça vient toujours en faire pleurer un ou une de manquer son coup). Plus facile d'être humain, d'éviter de bousculer ces petits; plus facile de servir de vrai guide dans ce nouveau monde...

C'est aussi parce que l'entrée à la maternelle est une expérience exigeante pour un enfant. Ils sont épuisés, fatigués, sollicités à plein. Fatigués même après une demi-journée, ou 1h30. Pour plusieurs, c'est de l'émotion en concentré. Pour d'autres, ce l'est moins. Et non, ce n'est pas parce qu'un enfant a fait la garderie qu'il est moins fatigué ou émotif ni parce qu'un enfant a toujours été à la maison qu'il le sera plus. C'est de l'adaptation dans les deux cas, et chacun la vit comme il peut.


Les enfants sont épuisés de leur entrée à l'école. Ils en ont pour un mois à être épuisés. Combien de parents nous arrivent et disent, étonnés, à la première rencontre de parents ou aux bulletins, que leur enfant tombait littéralement de fatigue chaque jour de septembre. Je ne dis pas que l'entrée progressive enlève cette fatigue, loin de là. Par contre, elle la tempère, l'étale pour l'inclure un peu plus doucement dans le vécu de l'enfant. Ils en ont déjà beaucoup à donner dans les premières journées sans qu'en plus on ne leur accorde pas un peu de répit. Certes, j'en entends dire déjà que plusieurs vont au service de garde et que de toute manière leur journée sera remplie. C'est vrai, sauf que le service de garde inclus dans une entrée progressive s'arrangera pour donner le répit et la distraction qu'il faut, du mieux qu'une telle situation peut le faire.


Pour le vivre chaque année, nous avons des parents qui ne comprennent pas le pourquoi ni la nécessité. Les commentaires que tu as ici ne m'étonnent pas, je les ai entendus souvent. Sauf que, pour avoir vécu les "grosses entrées", je peux t'assurer que ça a son effet sur les enfants de le faire en progressif. Idéalement, on voudrait ça sur 5 jours, avec la fameuse rencontre de la première journée (on rencontre généralement en demi-groupe, et ça donne notre temps de présence élève obligatoire) pour mettre les choses au clair avant la rencontre de septembre. Idéalement. Parce que nous nous battons chaque année, et que pour l'avoir vécu même les plans les plus logiques subissent des changements ou des coupures qui donnent des plans bizarres.

On se bat assez pour ça que je n'ai pas le choix que de faire ce long commentaire. Ce n’est pas pour nous, c'est pour les enfants. Les enfants, ce n'est pas une raison ridicule. Désolée si jamais d'aventure ça semble lancé comme commentaire, ce n'est pas le but, mais ça me choque. Et c'est rare que Dobby monte aux barricades... sauf pour ce qui lui tient à coeur ou ce qui n'est pas très bien compris.


Et Évangéline m'a assurée que je n'avais pas été dure ou raide. Je crois qu'elle-même peut dire que j'ai rarement mis mon pied à terre pour affirmer quelque chose sur un sujet quelconque. Je peux compter sur mes doigts les fois où je l'ai fait depuis l'université.

Pour ce qui est du matériel, eh oui nous avons nos exigences que nous ne pouvons plus demander, mais plutôt suggérer. Parce qu'avec les années, on a bien vu quel matériel finissait par faire la job pour l'année ou qui ne la faisait même pas pour 5 minutes, ce qui est pratique ou causera plus d'ennuis. Mais on les endure pareille les $%?!*& de gomme à effacer du Dollorama qui beurrent plus qu'elles n'effacent. On les endure les &$%!*&% de crayons-feutres Rose-Art qui après 5 dessins rendent l'âme et sèchent après 3 minutes d'ouverture. C'est mieux que rien, même si on demande les Crayolas parce que, même si un peu plus chers quoique souvent en spécial, ils fonctionnent et résistent. Même après 7 ans, les miens fonctionnent encore très bien. C'est intuable ou presque, sauf en mai-juin après 1200 dessins. Bref, ce qu'on veut c'est du résistant et du propre. Ce ne sont pas les balles qui sont importantes à mon avis, et pour le couvre-tout, vive les chemises de papa, en autant que ce ne soit pas trop long des manches pour pendre dans la peinture et tout beurrer quand ta citrouille l'enlèvera. J'en ai toujours utilisé des vieilles chemises et c'est parfait tant que ça ne tombe pas.


Si je parle pour moi et ma collègue, c'est sûr qu'on est accommodante, qu'on comprend que certains n'ont pas les moyens et qu'on acceptera du matériel palliatif, tant qu'il est de qualité. Reste que le matériel acheté pour pas cher ne vaut généralement pas cher sauf s'il s'agit de matériel correct acheté à rabais. Ça ne vaut pas la peine les crayons de mine du Dolloramoune s'il faut en racheter un paquet de 10 tous les mois parce qu'ils sont extrêmement friables et intaillable sans casser au fur et à mesure. sur 10 mois, les crayons du Dollaramoune auront engouffré 20 dollars de budget alors que des Mirado ou Bérol ou autre, qui auront coût 2,99$ pour 12, dureront pour 3-4 mois et économiseront beaucoup de frustrations aux enfants. Côté quantité, on essaie d'être raisonnable; je ne sais pas si c'est pareil pour d'autres enseignantes, mais on essaie, selon l'usage qu'on sait qu'on fera de tout cela pendant l'année.

Pour ce qui est des spécifications autres sur le matériel, il faut dire, comme j'ai dit à Évangéline, que chaque année on tombe sur des parents pas très logiques. Prenez par exemple ce parent qui, lisant boîte de 16 crayons-feutres, a acheté deux boîtes de 8 crayons... et a été franchement surpris qu'on lui dise qu'il aurait eu une bonne idée s'il n'en avait pas acheté deux "Originales" pour que son fils n'ait pas deux couleurs identiques... "Ah ouain??? Ah ben... j'y avais pas pensé!"... C'est plate, mais dorénavant, sur les listes, nous écrivons 16 couleurs différentes pour être sûres de notre coup. Nous prenons les parents pour des nonos pour être sûres de notre coup.

Et comme j'ai dit à Évangéline, qui n'aime pas se faire prendre pour une nouille: "Prends-le plutôt du bon côté: dis-toi que tu es vraiment très intelligente pour ne pas avoir besoin de tant de dessins!"

Voilà ;)


Eh oui... voilà :)

27 juillet 2008

Zébulinons en coeur!

Je suis allée aux Francos voir le retour de Zébulon. Merci le mauvais temps qui a attendu à la dernière minute pour quitter le temps du spectacle! À 20h il n'y avait presque personne devant la scène. Je me suis installée et c'est vers 20h45 que les gens ont commencé à affluer.

J'ai vite su que j'étais entourée de fans finis du groupe quand ils ont tous chanté en choeur avec le groupe "Merry Christmass" (que je ne connaissais pas, mais que j'ai trouvé bien drôle). Un "j'étais bien bandé/toute la nuit" entonné a cappella, ça fait une belle entrée en matière :D.

Ça a été comme ça tout le long tout spectacle. L'énergie qui se dégageait de la foule, pour ce qui est de l'avant à tout le moins, était géniale. Une petite d'à peine 10 ans derrière moi connaissait elle-même toutes les paroles de toutes les chansons par coeur. Quant à moi, je m'époumonais sur toutes celles dont je connaissais les paroles et je tentais de danser dans la marée humaine qui m'entourait. Je crois qu'Yves Marchand, du haut de son kilt, trouvait ça génial de voir les gens chanter comme ça avec eux, et il avait souvent le "rire" aux lèvres.

Ils ont enchaîné plein de leurs succès et d'autres chansons que je ne connaissais pas, mais que j'ai su apprécier, de Libido à Marie-Louise en passant par Sofa, J't'aime encore, Job steady, Adam et elle, Apocalypse, Les veuves de chasse, Reviens pas trop tard, Les femmes préfèrent les ginos, Y fait chaud et Adrénaline.

Le seul moment où la foule a été silencieuse a été celui où ils ont chanté "Mars et Vénus", leur nouvelle composition. Et encore là, les commentaires fusaient à la place des paroles; on s'entendait tous pour dire qu'on reconnaissait encore Zébulon dans cette nouvelle pièce et encore après toutes ces années.

J'ai passé une excellente soirée, bien remplie d'énergie et de musique à fond la caisse (suis sortie de là avec dans les oreilles la sensation d'entendre à travers de la ouate). J'ai bien hâte de mettre la main sur leur nouvel album qui sera, en fait, une compilation de leurs succès avec quatre nouvelles pièces.

21 juillet 2008

Le couperet du 5 ans

J'ai réalisé cette année, mais je n'en avais pas parlé, que j'avais passé le cap fatidique des 5 ans. Ce cap où, selon les statistiques, plusieurs diplômés (je ne me rappelle plus quelle proportion, si quelqu'un s'en rappelle, indiquez-le-moi) abandonnent l'enseignement pour toutes sortes de bonnes raisons. Je peux toutes les imaginer et les comprendre. Ce n'est pas évident enseigner et plusieurs choses peuvent faire en sorte que même des enseignants qui auraient un bel avenir devant eux quittent la profession. Trop de variables, j'en ai vécu assez pour comprendre.

Ce qui, je crois, m'a sauvé, ironiquement, c'est le stage raté. C'est là que je me suis pété (pas totalement par ma faute) la gueule, que j'ai vécu le questionnement sur le choix de ma profession. C'est à cause de cela que je me suis retrouvée à faire de la suppléance et à me faire demander de remplacer 2 mois dans une classe très difficile, encouragée par un support à toute épreuve de l'équipe-école et au final encouragée par mon superviseur de stage lorsque la "gamique" minant mon stage a été découverte. À sortir "vivante", ragaillardie, déterminée et revalorisée par tout cela.

J'ai été chanceuse de vivre ce support et cette confiance à ce moment précis de ma route. Du support, j'en ai eu plus souvent qu'autrement. Par contre, pour avoir vu diverses situations et en avoir vécu quelques-unes, je vois bien que ce n,est pas tous les enseignants qui, dans leur cheminement, au fil des classes, obtiennent les encouragements, le support, le filet de sécurité dont ils ont besoin. C'est dur de se sentir seul, que ce soit pour une journée, une période, un mois, un an. C'est dur de ne pas se faire accueillir, de voir des collègues de niveau ou de cycle tourner le dos à son approche ou se sauver à la moindre question pour aller prendre un café et ne jamais revenir, de se faire dire que les problèmes sont les nôtres et qu'on a tout simplement à s'arranger avec. Dur de ne pas se faire appuyer dans une démarche tout à fait légitime par une direction qui veut sauver les apparences. Et dur de vivre les situations problématiques tout court dans sa classe (je laisse votre imagination déborder, allez) et aux alentours de la classe (certains parents). Dur de se faire traiter presque d'incompétente parce qu'on surnage dans tout ça.

Bref, si un enseignant qui débute, aussi compétent soit-il, se retrouve deux, trois ou quatre fois de suite dans des situations où il crie à l'aide et où on ne daigne même pas lui lancer une bouée (ou que pire on l'achève avec ses propres rames), normal qu'il décroche.

Je suis contente d'avoir passé ce cap "psychologique" dont tout le monde parlait dans notre cohorte, et dont tous les profs "parvenus" parlent en fait. On connaît tous quelqu'un qui a abandonné. Je n'oublierai jamais cette collègue de bac rencontrée par hasard dans le métro, qui s'extasiait que j'enseigne encore alors qu'elle avait plutôt opté pour un travail où elle faisait plutôt de la formation aux pairs. Je suis fière d'être rendue là où je suis dans ma carrière. J'espère que je serai enseignante pour tout le reste de ma carrière. On ne sait jamais, bien que, comme j'en discutais avec un collègue vers la fin de l'année, qui a lui aussi passé ce cap, si on a passé à travers ce à travers quoi on a passé, on est équipés pour veiller tard malgré les avanies.

Je me demande combien de mes collègues de 2002 l'ont passé... Bonne carrière à tous ces autres qui ont passé leurs "5". Bonne vie à tous ceux qui ont changé de cap; soyez heureux et j'espère que vous n'êtes pas amers ou que vous ne gardez pas trop de mauvais souvenirs, et que tout va pour le mieux pour vous.

14 juillet 2008

Les 10 jours passés

Étant donné que je passe mes vacances sur la paille (vive les 4 payes de vacances à étirer en 5 pour éviter de manger de la poussière pendant 2 semaines à la fin août avant le début du contrat), disons que mes loisirs et mes petits bonheurs se doivent d'être gratuits. Exit donc le Super Aqua Club, exit le cinéma à toutes les semaines ou les locations de DVD (surtout que je dois attendre d'avoir le foutu fil HDMI pour brancher mon lecteur à la télé). Exit toute autre chose qui aurait pu me demander un peu d'argent.

Fait suer, mais pas grave.

Donc, j'essaie de profiter des petites choses de la vie gratuite, les prévues comme les imprévues. En voici quelques-unes survenues pendant les derniers dix jours.

Il y a une semaine, j'ai pris un autobus très spécial. Celui d'un futur retraité que ses collègues de travail avaient dû décorer pour l'occasion de sa dernière journée de travail. Il était plein de ballons, de cartes, de guirlandes et d'affiches; une affiche disait même "pas responsable des accidents". Nous avons bien rigolé avec le chauffeur et nous avons quitté l'autobus avec un grand sourire. Faut dire que lorsqu'une affiche à l'avant dit "Futur retraité, klaxonnez", chaque coup de klaxon donne des petites doses de bonheur et de folie. C'est vraiment génial de voir que des collègues se mettent à ce point à l'oeuvre pour monter une belle surprise pour quelqu'un qu'ils doivent évidemment apprécier.

La journée d'avant, j'étais allée voir le spectacle des Lost Fingers au Festival de jazz. Quelle belle énergie ces gars-là dégagent! Ils relèvent le défi de revamper et retravailler les succès des années 80 avec brio. Tout le monde était debout, tout le monde swignait (enfin, de notre mieux étant donné que la salle était pleine à craquer) et chantait. Les gars avaient le feu dans les yeux; je crois qu'ils étaient dépassés par la foule qui venait les voir et par l'impact qu'ils avaient. Ce qui est sûr, c'est que cet album se retrouve sur ma liste à acheter.

Ce matin, je me suis fait attaquer par une vieille peau à coup de canne. Oui oui!!! Une vieille acariâtre qui, alors que je m'apprêtais à monter dans l'autobus, puisque les gens avaient fini de débarquer depuis quelques secondes, a décidé de descendre. Alors, polie, je redescends et je recule d'une très bonne distance de la porte. Mais voilà que la dame commence à m'agiter la canne devant les jambes, la tenant à bout de bras, presque en train de tomber en bas de l'unique marche de l'autobus. Et là, pendant que je pense qu'elle a besoin d'aide, elle se met à maugréer et à pester, en anglais, comme quoi j'étais une ci et une ça et que j'aurais bien pu me tasser sur le côté pour la laisser passer. Elle descend et, tout en se tenant à la porte d'autobus, essaie de me remettre un coup de canne. Ça a été plus fort que moi, devant une telle attitude, j'ai lancé un "hey lady, be polite, you had enough room!". Non, mais! Attends voir si ta canne me repasse encore sous le nez!

Je suis allée voir le film Wall-E en fin de semaine avec mon père. Le nombre de niveaux de messages dans une animation aussi bien réussie est hallucinant. Le plaisir et les blagues sont aussi au rendez-vous. En plus, les minimalement geek comme moi voient plein de références. Même le générique de fin est amusant à voir. Par contre, j'aurais voulu avoir un "après-générique" comme le laissait espérer la dernière trame sonore. Il faut aussi noter l'excellent court-métrage d'animation Presto; déjà, juste les péripéties imaginées à partir de la trame de base sont hilarantes. Ajoutez à ça un superbe travail d'animation et de dessin et vous avez une petite merveille entre les mains. Le tout a fait du bien au moral.

Dans les prochains jours, je compte aller profiter du volet rue du Festival Juste pour rire. Aller voir les spectacles et les animations, aller jouer dans les tentes de jeux, aller à la petite cantine dans un wagon de métro sur Ontario. J'ai hâte de profiter de la folie de ce monde`-là. Ensuite, ce seront les Francofolies, et je compte bien voir les B.B., Zébulon, Gregory Charles ainsi que quelques spectacles de 17h aussi avec des artistes de la relève.

Après cela, mes parents sont en vacances, on trouvera bien quelques choses à faire d'ici la rentrée scolaire, qui elle, me turlupine encore...

04 juillet 2008

L'extase du jam

Mercredi, j'ai visité le Festival de jazz. J'ai décidé que j'allais profiter des ateliers du Salon des instruments de musique de Montréal et que j'allais participer au spectacle Grand Jam avec l'école de percussions Samajam. J'ai adoré ma journée. Je suis revenue chez moi complètement repue de rythme.

Tout a commencé avec l'atelier "Apprenez la guitare en une heure". Bon, je vais être honnête. J'ai acheté une guitare il y a un an et demi. J'ai tenté, il y a un an et demi, d'apprendre avec un livre. L'expérience n'a pas été un succès, faute de technique et faute de résultats malgré les efforts. La démotivation qui s'ensuivit aidant, mon côté autodidacte en a mangé un sérieux coup et je n'y ai plus retouché. Plus le temps a passé, plus j'avais honte de ne pas m'y remettre. En voyant l'atelier annoncé, je me suis dit: "Dobby, là c'est le temps de te mettre le pied au cul, de faire un crash course et ensuite, de t'y remettre!" Et... bien c'est un succès! J'ai appris seulement 3 accords, mais ceux-ci étaient accompagnés d'un autre à apprendre moi-même, des déplacements entre eux, de la technique pour tenir et gratter la guitare ainsi que d'une superbe feuille où sont notées toutes les chansons que je peux faire avec seulement ces quatre accords-là. Maintenant, je suis pleine de motivation pour continuer les accords et pour devenir la reine des feux de camp en enlignant J'entends frapper, Femme de société, La bamba, Horse with no name, Twist and Shout, Remède miracle ainsi que Mon voisin (Frère à ch'val). Call me Carlos Santana!

Après avoir dîné au soleil sur les marches de l'esplanade de la Plade-des-Arts, je suis retournée à la tente du SIMM pour un atelier Djembé Jam. ENFIN, j'allais tambouriner sur autre chose que les grosses bouteilles d'eau. Pendant une heure, j'ai jammé sur le ^djembé à m'en péter presque les jointures. Le "trip" a été total. J'ai vibré à entendre tous les djembés (il y en avait presque 60) se mettre au même rythme à certains moments, à écouter les sons bas des tempos (frappés au milieu avec la main en coupe) ainsi que les martèlements des rythmes autour. L'extase était totale, et la relaxation aussi; j'en étais rendue à me balancer tout en tambourinant. Je comprends les gens qui parlent des tam-tam du Mont-Royal, à part que je ne comprends pas que certains aient besoin de substance illicite pour "partir". Le rythme me suffit amplement!

Après une courte visite sur le site, retour à la tente pour un atelier de trompette. Malheureusement, celui-ci a été moins fructueux, étant donné que, comme d'habitude, j'ai frappé le citron; une trompette dont un piston faisait mal passer l'air ou je ne sais pas trop. Je sonnais toujours un ton plus bas que tout le monde, et le ré bloquait complètement et me renvoyait l'air que j'essayais de pousser. Par contre, j,ai quand même eu du plaisir à suivre l'atelier grâce au dynamisme de l'animateur. Bouffon, rigolo, il savait nous mettre à l'aise et nous faire aimer l'instrument.

Enfin, l'heure que j,attendais est arrivée. Je suis allée me placer pas très loin de l'enclos" près de la scène GM, là où étaient les djembés... 175 djembés pour pouvoir jouer en accord avec le spectacle qui allait avoir lieu. Plus ça allait, plus les gens, intrigués, s'agglutinaient autour de l'entrée pour pouvoir y accéder. Lorsque le signal a été donné, j'ai pu entrer, me prendre une petite percussion gratuite en passant (un coco), me placer à un djembé et commencer à jouer. Ça a été magique; tous les gens qui se plaçaient à un djembé commençaient à jouer, naturellement et sans gêne, et suivaient le rythme des plus habitués. Si j'avais tripé lors de l'atelier, imaginez comment j'étais avec 174 autres personnes autour de moi en train de jouer. Pendant 15 minutes, les organisateurs nous ont laissé jouer venant sur la scène, les yeux ronds, les photographes nous bombardaient de leurs flashs, les percussionnistes professionnels aussi. Ensuite, ça a été le spectacle des percussions brésiliennes, puis Samajam, avec nous en train de jouer aussi. Finalement, le tout s'est terminé sur une orchestration avec les autres gens de la foule environnante, qui avaient eu, eux, des maracas, castagnettes, tambourins et cocos.

Après le spectacle, j'étais dans les vapeurs, un peu déroutée, imprégnée de toutes les vibrations qu'il y avait eu.

Je recommence l'expérience n'importe quand.

Mais pas tout de suite...

J'ai les dessous de jointures irrités et presque mauves tellement j,ai tambouriné...

Ouch!